mercredi 6 juin 2018

Vie à bord

Ma chère petite soeur m'a demandée cet article, elle pense que je n'explique pas assez certain aspects de notre vie... Ça n'est pas faux...

En gros, la vie à bord, c'est comme à la maison sur terre, sauf que, et là, l'énumération va commencer...

C'est une maison flottante, sujet à chaque petit mouvement de l'eau, donc ça bouge tout le temps... Même par temps calme au mouillage, et même au port, le moindre Zodiac qui passe à côté du bateau provoque un mouvement d'eau qui ce repercute au bateau.
Donc c'est la première chose, c'est une maison en mouvement, même quand on est à l'arrêt.
Inconvénients :
Si ca bouge trop, (et je dit bien "Si", la plupart du temps, c'est imperceptible, ou alors c'est que l'on s'habitue...) il peut devenir compliqué de tout faire, que ce soit dormir, cuisiner, manger, aller aux toilettes! Etc... 
Heureusement c'est occasionnel et si c'est insupportable, et bien c'est simple, on change d'endroit...
Avantages :
On ce muscle! 
Et oui, la recherche d'équilibre fait travailler le corps sans qu'on s'en rende compte, de même que toutes les manoeuvres liées à la voile... ... 💪💪💪

C'est une maison mobile,
On décide ou l'on va, au jour le jour, ou bien, on decide de rester si on est bien ... On est libre.
Grâce à notre annexe, on est également libre d'aller à terre pour découvrir les lieux et les gens.
Dans notre cas, les excursions d'une journée ou plus, nous les faisons en général d'un port (ou le bateau et quand même plus en sécurité). 
D'autre plaisanciers n'hésitent pas à laisser leur bateau au mouillage dans une baie pendant plusieurs jours... 
On en est pas encore là...
Aller au port permet aussi de faire les courses plus facilement. 
On s'y arrête en général une fois par semaine.

C'est une maison autonome,
Ce qui ne veut pas dire que nous ne faisons pas attention à notre façon d'utiliser l'eau et l'énergie. 
Nous fabriquons notre électricité grâce aux panneaux solaires, cependant nous devons quand même gérer notre consommation parce qu'il n'est pas encore possible de stocker l'énergie produite en plus...
Nous fabriquons aussi notre eau grâce au desalinisateur, mais là encore, nous devons gérer notre consommation...
On devient écolo par la force des choses. 😉
Exemple : je lave la vaisselle à l'eau salée, je rince ensuite à l'eau douce. Même chose pour nous, un petit plongeon dans l'eau, et en sortant, savonnage et rinçage à l'eau douce, le plus souvent à bonne température !!
La gestion des déchets, c'est simple, tous ce qui ce composte sur terre peut aller à la mer, les poissons adorent!
Pour le reste, papier, plastique, verre, canettes, boites de conserves... Etc... Ca reste à bord jusqu'à ce qu'on puisse aller à terre et trouver une poubelle.

La cuisine.
Tout le monde connaît ma passion pour la cuisine!!!
Alors en plus du manque d'espace dont je bénéficie pour exercer mes talents!!! 😂, et le fait que ça bouge... 
je peux dire que l'on mange simplement... Mais avec plus de produits frais qu'à terre bizarrement. On trouve de petit vendeur de fruits et légumes un peu partout donc à chaque fois que l'on mets pied à terre, on fait un complément.

L'espace. Ou plutôt, Le manque d'espace
On apprend là encore, à ranger, et à bien ranger, sinon, dès que l'on navigue, (ce qui arrive régulièrement quand même), tout ce qui n'est pas bien calé, bouge, bringuebale et, éventuellement tombe...
Exemple : l'autre soir, je commençais à m'endormir, ça bougeait un peu, (roulis d'une maison flottante, mais rien de gênant), et pourtant, un bruit non identifié à fini par m'agacer ... Et bien, c'est un paquet de gateau qui roulait dans le fond d'un placard...
Alors, on apprend à ranger!!! N'est ce pas Michel!!! 😂😋
Et puis, par manque d'espace, on arrive à ce passer de tout un tas de choses qui nous semble indispensable à terre, et qui en fait ne nous manquent pas du tout à bord.
Ce qui est bizarre, c'est que dès que l'on rentre à Mandelieu pour l'hivers, on retrouve toutes ces choses dont on c'est passées sans problème, on les réutilisent immédiatement ... Comme si ça nous avait manqué, curieux.

Ceci dit, certaines choses nous manque vraiment...
Pour moi, ce sont les viennoiseries...
Pour Michel, (je viens de lui demander) et bien tu vas rire, c'est les croissants du dimanche matin!!! Haha
Bien sûr je ne parle que du superficiel, ce qui nous manque le plus c'est quand même l'éloignement de nos familles et de nos amis... Et de tous ce que nous manquons de leurs vies. C'est un sacrifice que nous acceptons de faire bien que ce soit difficile parfois... (Renoncement obligatoire pour vivre pleinement cette vie que nous avons choisis)... 
Heureusement, il y a Internet, Skype et le téléphone... 
Ce qui ne remplace pas je te l'accorde...

Et puis, il y a les rencontres...
Entre plaisanciers d'abord, nous appellerons ça la vie de pontons. On parle ensemble facilement, entre les récits d'expériences heureuses ou pas, les conseils, et puis finalement les apéros... 
Très souvent, on fait plus ou moins les mêmes parcours, alors on ce retrouve sur un mouillage ou dans un port un peu plus loin... 
C'est un côté vraiment sympathique pleine de bonne surprise, bonne humeur, d'entraide et de solidarité...
Et puis, avec les locaux, c'est différent, mais les belles rencontres arrivent aussi...
En Grèce, ca me semble plus facile qu'en Italie, pratiquement tous les grecs parlent l'anglais, même les plus âgés alors on peut communiquer plus facilement. 
En Italie, ne parlant pas l'italien (et eux ne parlant pas beaucoup l'anglais), ça a été parfois un peu compliqué de se comprendre !
Nous nous sentons  beaucoup plus à l'aise ici, en Grèce.
Michel commence même à faire des progrès en anglais. (Il y est est bien obligé) Ben oui, avec les locaux, il n'a pas le choix, et pour ce qui est des plaisanciers, on ne rencontre pas que des français... (Même si l'on ce regroupe assez naturellement par nationalitées).
Bref, l'anglais est indispensable et Michel s'y mets sans complexes... Ce qui est parfois comique!!!! 😂

Le temps,
On a le luxe d'avoir le temps... En navigation, si nous ne sommes pas occupés à veiller à ce qui ce passe autour de nous, à barrer, ou à régler nos voiles... Et bien Michel comme moi, lisons beaucoup.
Au mouillage et au port, entre les baignades, les courses, les divers petits travaux qu'il y a à faire sur le bateau, et bien, nous nous baladons, nous visitons, nous lisons, nous profitons tout simplement de pouvoir faire absolument ce que nous voulons, sans contraintes. 
Je sais que cette vie peut te paraître oisive voir même égoïste, c'est sûrement un peu vrai,( surtout pour toi qui consacre ton temps aux autres)... Mais c'est notre vie aujourd'hui, et on est heureux.

Quelques contraintes (quand même) non en fait, une seule contrainte. Notre cheminement quel qu'il soit est sujet à la météo.
J'ai suivie une formation pour ça, pour analyser les prévisions un peu mieux. Malgré tout, c'est la nature qui decide, et on a souvent eu des surprises (bonne et mauvaise) . Mais on connait de mieux en mieux le bateau et, on gére ...
En fait, on vit en accord avec cette force qu'est la mer, le vent, les orages, mais aussi le soleil, les dauphins, les oiseaux, en harmonie avec la nature !
On respecte cette force et on ce sent souvent tout petit. 
En contre partie, les moments magiques ne manquent pas...

Quand à la vie à deux dans un si petit espace, c'est simple et naturel, tout ce passe bien, très bien même. Mais il faut communiquer, beaucoup beaucoup... 
Chacun de nos ressentis doit être dit à haute voix. Il ne doit surtout pas y avoir de ressentiments ni d'incompréhensions.  Jusque-là, on gère aussi très bien cette partie "communication". 

Voilà, que dire de plus.... 
Je crois que j'ai fait le tour...
N'hesites pas, n'hésitez pas (pour tous ceux qui liront cet article) à me poser toutes les questions que tu/vous voulez!.

Gros bisous à toi, et gros bisous à vous tous!

A bientôt

Petit mot de Michel : elle est pas formidable ma fiancée ?

vendredi 1 juin 2018

La Grèce. Les iles Ionnienes.






Et voilà, nous y sommes!
Le lendemain de notre visite de Syracuse, nous repartons en direction du sud de l'Italie ou nous avons prévu quelques mouillages juste pour dormir.
Rien à en dire, on y arrive tard et on repart tôt. Après 2 navigations longues et desagréables et 2 nuits un peu rouleuses, nous passons la 3ème nuits au port à Crotone.
L'objectif est de bien ce reposer et de tracer jusqu'en Grèce (24h de bateau).
Pas de bol, si on peu dire, on arrive un jour de fête, il y a du monde partout, ils attendent tous la Madone qui doit arriver dans le port par bateau. C'est rigolo, tout le monde est sur son 31...
Et puis finalement elle arrive, la Madone, et c'est la fête.
Feu d'artifice, musique, etc...
C'est à ce moment là, précisément, que nous décidons de rester une nuit de plus!




Donc après deux nuits de repos (la fête ne c'est pas terminée trop tard finalement), nous prenons la direction de la Grèce.
Navigation tranquille, avec la compagnie de quelques dauphins (trop loin malheureusement pour prendre des photos), et d'un petit oiseau qui est venu ce reposer sur le bateau... Il est resté avec nous un certain temps...



Un beau couché de soleil, et un beau levé de soleil plus loin, nous arrivons sur l'ile d'Erikoussa ou nous posons l'ancre.




Nous retrouvons ici l'équipage d'un bateau français avec qui nous avions sympathisé à Crotone. Du coup, après un peu de repos, Apéro!!!!
Cette étape était très jolie, pas de houle,  un beau temps, parfait! 
Mais en fait, les choses changent vite parfois... Un vent du sud c'est levé et a rendu ce bel endroit,  comment dire..., inconfortable.
Mais on ne s'inquiète pas trop, c'est souvent que le vent ce manifeste en fin d'après midi, mais le soir, il ce calme et on dort bien.
Mais pas cette fois-ci... Non non...
Nous aurons droit pour notre première nuit  en Grèce à un bel Orage. Impressionnant.
Nous avons été bien secoués!
Le bateau c'est bien comporté, nous n'avons pas dérapé. Ça a été un sacré message de bienvenue pour notre arrivé dans ce pays.
Il va falloir que nous soyons plus attentifs aux signes et que nous anticipions un peu plus. 
On nous a dit le lendemain qu'un vent du sud dans les Ionnienes est souvent annonciateur d'orages... Bon a savoir...(le vent dominant ici est en général du Nord Ouest)

Après ca, nous allons à la Marina de Gouvia ou Michel souhaite rencontrer un de ses contact avec qui il a déjà beaucoup discuté sur un forum de propriétaires d'Oceanis.
On va y rester 3 nuits. 
Au programme, visite de la ville de Corfou, et dîner avec ce couple afin de prendre leurs bon plans du coin.
Ils vivent et naviguent ici depuis des années, ils sont une mine d'or pour nous... 
Ça a été une belle rencontre, ils sont super sympa. On a passé deux belles soirées avec eux. 
Le monde est vraiment petit, lui a passé son enfance et adolescence à Alencon !!!! Incroyable !
Et puis il fallait aussi que l'on vérifie est que l'on régle notre gréement. C'est chose faite avec l'aide de cet ami.


Corfou
Très jolie ville. On y est allé au petit bonheur la chance, sans renseignements préalables. On y retournera dans une quinzaine de jours avec les amis que l'on embarquent ici pour une semaine, mais avec plus de préparation cette fois-ci.

























Nous allons pouvoir repartir tranquillement demain et découvrir quelques uns des nombreux mouillages du coin avant l'arrivé de nos invités. Si le temps est clément, ça devrait être 3 semaines tranquilles avec de courtes navigations... Ca ne fera pas de mal!

Pour notre premier stop, on décide de ce placer au mouillage à la sortie de la marina. Nous avons passé une belle soirée la veille, bien arrosée, alors comme la fatigue est bien présente, on est assez vite d'accord pour ce poser au plus près. 
Malgré la proximité de la marina, le cadre est joli.






Maintenant, le vrai cabotage va commencer, de criques en criques. 
Stefanos au nord de Corfou est notre première destination. C'est 7 ou 8 miles pour y aller. 
On y est pour déjeuner et on passe l'après-midi à ne rien faire... Pas facile...
En fait, ca n'est pas tout à fait vrai... 
On ce prépare au mode cabotage justement, nous avons installés une longue amare sur rouleau à l'arrière du bateau (indispensable ici, à de nombreux endroits, il faut s'accrocher au rocher), et puis nous n'avions pas encore sortie l'annexe, c'est chose faite (indispensable aussi puisque dans presque toutes les criques, il y a une ou plusieurs petites tavernes et quelque fois un petit supermarché, alors elle va nous être bien utile...).
Tout ça pour dire que nous nous sommes quand même un peu activés...
Au petit matin, on décide de rester. 
Déjeuner à la taverne et puis on changera de crique dans l'après-midi. 


Stefanos, 
très jolie crique, on y reviendra sûrement













À la taverne, 
Vue sur les bateaux au mouillage. On est bien là!



2ème crique, Kalami
Bien, mais moins sauvage que Stefanos




Garista, devant la citadelle de Corfou
Mouais... Un peu rouleur, mais il y a de la place et une jolie vue...





Baignade ou pas?... 
Grande question journalière!!! Elle est encore un peu fraîche pour moi...

Pour Michel, pas d'hésitation!



Tchin !!!


Il rêve encore !!!

Ormiskos Valtou
Alors là, un mouillage bien abrité, derrière une sorte de lagune, une eau un peu verte qui n'appelle pas à la baignade, c'est pourtant propre... Plein de poissons qui sautent un peu partout, sauvage, et désert... On était seul.











Et enfin, Monastry baie
Très jolie, eau claire qui là pour le coup appelle à la baignade... Par contre, le spot à l'air très apprécié... Pas de solitude ici!





Demain, on essaie de rentrer au port de Mourtos. C'est un petit port, pas sûr qu'on ait de la place, on verra, sinon on reviendra au mouillage de Monastry baie. On devrait y être relativement à l'abri du petit coup de vent qui arrive. 

Suite au prochain épisode!

A bientôt!